Glyphosate en Espagne : réglementation et usages en 2026

Glyphosate en Espagne : réglementation et usages en 2026

Qu’est-ce que le glyphosate et pourquoi fait-il débat ?

Définition et mode d’action du glyphosate

Le glyphosate est un herbicide systémique à large spectre, c’est-à-dire qu’il agit dans toute la plante après absorption foliaire, jusqu’aux racines, en inhibant une enzyme essentielle à la synthèse des acides aminés aromatiques (la EPSPS). Absent chez les animaux, ce mécanisme ciblait initialement des plantes adventices résistantes aux traitements mécaniques. Introduit dans les années 1970 sous la marque Roundup par Monsanto (aujourd’hui Bayer), il est devenu l’herbicide le plus vendu au monde. À noter : le Roundup n’est pas du glyphosate pur — c’est une formulation commerciale qui contient, en plus de la substance active, des co-formulants (adjuvants, tensioactifs) dont la toxicité propre fait l’objet de recherches distinctes.

L’usage massif du glyphosate a par ailleurs favorisé l’apparition de mauvaises herbes résistantes aux herbicides, un phénomène documenté sur tous les continents et qui pousse certains agriculteurs à augmenter les doses ou à combiner plusieurs molécules.

Les controverses scientifiques : cancérogène ou non ?

La controverse scientifique sur le glyphosate oppose deux grandes institutions dont les conclusions divergent. D’un côté, le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC), agence de l’OMS, a classé en 2015 le glyphosate dans le groupe 2A : « probablement cancérogène pour l’homme », sur la base d’études chez l’animal et de données épidémiologiques limitées chez des agriculteurs exposés professionnellement. De l’autre, l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) a conclu, notamment dans son évaluation publiée en 2023, que le glyphosate ne présentait pas de risque cancérogène pour l’homme aux niveaux d’exposition alimentaire actuels, et a soutenu le renouvellement de son autorisation dans l’UE.

Cette divergence n’est pas une anomalie scientifique : les deux organismes utilisent des méthodologies différentes et évaluent des questions distinctes (dangerosité intrinsèque pour le CIRC ; risque pour la santé à exposition réelle pour l’EFSA). Il est donc inexact de conclure de façon tranchée que le glyphosate est « sûr » ou « cancérogène » : les deux affirmations simplifient un débat qui reste ouvert sur plusieurs points, notamment les effets à long terme et les mélanges de substances.

Pourquoi le sujet revient régulièrement dans l’actualité

Chaque cycle de renouvellement d’autorisation européenne relance le débat médiatique et politique. Les procès intentés contre Bayer aux États-Unis (des dizaines de milliers de plaintes de jardiniers et agriculteurs alléguant un lien avec des lymphomes non hodgkiniens) ont amplifié la défiance du public, même si les décisions judiciaires américaines ne valent pas évaluation scientifique européenne. La question de la résistance aux herbicides et celle des perturbateurs endocriniens potentiels maintiennent également le sujet à l’agenda des autorités sanitaires et environnementales.

Le cadre réglementaire européen du glyphosate

Le renouvellement d’autorisation de 2023 par l’UE

En décembre 2023, la Commission européenne a adopté le règlement d’exécution (UE) 2023/2660, qui renouvelle l’approbation du glyphosate en tant que substance active approuvée dans l’Union européenne pour une durée de dix ans, soit jusqu’au 15 décembre 2033. Cette décision fait suite à l’évaluation par les pairs coordonnée par l’EFSA, publiée en juillet 2023, qui n’a pas identifié de domaine de préoccupation critique justifiant un refus d’approbation.

Le vote des États membres a été serré : plusieurs pays, dont la France, l’Autriche et la Hongrie, se sont abstenus ou ont voté contre, sans toutefois atteindre la majorité qualifiée nécessaire pour bloquer la décision. L’approbation européenne fixe des conditions d’utilisation minimales mais ne détermine pas, seule, ce qui est légal dans chaque pays.

Rôle de l’EFSA et de l’ECHA dans l’évaluation

L’évaluation du glyphosate a mobilisé deux agences : l’EFSA (Autorité européenne de sécurité des aliments), responsable de l’évaluation des risques sanitaires et environnementaux, et l’Agence européenne des produits chimiques (ECHA), qui a examiné la classification harmonisée de la substance. L’ECHA a conclu en 2022 que les données disponibles ne justifiaient pas de classer le glyphosate comme cancérogène selon les critères CLP. Les deux agences ont cependant identifié des lacunes de données, notamment sur les effets perturbateurs endocriniens, et imposé des études complémentaires aux fabricants.

Jusqu’à quand le glyphosate est-il autorisé dans l’UE ?

Conformément au règlement (CE) n° 1107/2009 relatif à la mise sur le marché des produits phytopharmaceutiques, l’approbation européenne d’une substance active constitue un prérequis, mais chaque État membre reste souverain pour autoriser ou restreindre les produits phytosanitaires contenant cette substance sur son territoire. L’approbation du glyphosate court donc jusqu’en 2033 au niveau communautaire, mais des dérogations nationales — en plus ou en moins — restent possibles dans ce cadre.

La réglementation du glyphosate en Espagne en 2026

Quels usages agricoles sont autorisés en Espagne ?

En 2026, le glyphosate reste légalement autorisé en Espagne pour les usages agricoles professionnels. Les produits phytosanitaires contenant du glyphosate sont référencés dans le Registro de Productos Fitosanitarios du Ministerio de Agricultura, Pesca y Alimentación (MAPA), la base de données officielle espagnole des produits homologués. Pour qu’un produit à base de glyphosate soit légalement utilisable, il doit figurer dans ce registre avec ses usages explicitement mentionnés (culture, type de sol, dose maximale, délai avant récolte, etc.).

Les principaux usages agricoles autorisés concernent la préparation des sols avant semis (désherbage pré-cultural), les cultures arboricoles (vignes, oliviers, vergers), et certains usages en agriculture de conservation (semis direct, techniques limitant le travail du sol). Selon les données de Eurostat relatives aux ventes de pesticides, l’Espagne figure parmi les cinq premiers pays européens utilisateurs de glyphosate en volume, ce qui reflète l’importance des grandes cultures céréalières et des cultures méditerranéennes intensives dans l’économie agricole nationale.

Restrictions pour les particuliers et les espaces publics

Pour les usages non professionnels — jardins particuliers, entretien de voiries par des particuliers — la réglementation espagnole est plus restrictive. Le Plan de Acción Nacional para el Uso Sostenible de los Productos Fitosanitarios (PAN), mis en œuvre en application de la directive européenne 2009/128/CE sur une utilisation des pesticides compatible avec le développement durable, limite l’accès aux produits phytosanitaires de catégorie professionnelle pour les non-professionnels.

En pratique, la vente libre de produits à base de glyphosate pour les particuliers est fortement encadrée : seuls des produits formulés à faible concentration, étiquetés pour usage amateur, peuvent être vendus sans qualification professionnelle. Par ailleurs, l’utilisation du glyphosate dans les zones urbaines — parcs, trottoirs, aires de jeux, abords d’écoles — est interdite ou soumise à des restrictions strictes dans la plupart des communes espagnoles, conformément aux orientations du PAN et aux décisions autonomes des communautés autonomes (Catalogne, Andalousie, Pays basque…), qui disposent de compétences propres en matière d’environnement.

Le plan national espagnol de réduction des pesticides (PNAUE)

Le Plan Nacional de Actuación en matière d’utilisation durable des pesticides (souvent désigné PAN ou PNAUE) fixe des objectifs quantitatifs de réduction des risques liés aux pesticides chimiques, notamment par la promotion des techniques alternatives et la formation des utilisateurs professionnels. Ce cadre, moins contraignant à l’égard du glyphosate que ne l’est la réglementation française, reflète la position espagnole : réduire les risques globaux, sans cibler spécifiquement une substance dont l’autorisation européenne est en vigueur.

Espagne vs France : deux approches différentes du glyphosate

La sortie du glyphosate en France : où en est-on vraiment ?

La France a longtemps affiché l’ambition de sortir du glyphosate à l’horizon 2021, promesse formulée par Emmanuel Macron en 2017. Cet objectif n’a pas été tenu. Le plan Écophyto 2030, successeur des plans Écophyto I et II, réoriente la politique française vers une réduction globale de l’usage des pesticides de 50 % d’ici à 2030 (indicateur HRI1 harmonisé au niveau européen), sans interdiction nominative du glyphosate. En pratique, certains usages du glyphosate restent autorisés en France pour les agriculteurs professionnels, notamment en semis direct et dans les situations sans alternative technique homologuée. Les usages non professionnels et dans les espaces publics sont interdits depuis 2019, en application de la loi Labbé.

La dérogation française la plus discutée concerne précisément la persistance d’autorisations pour certains itinéraires techniques en agriculture conventionnelle, ce qui crée une situation juridiquement complexe : la France restreint plus que l’Espagne sur le plan du discours politique, mais les usages professionnels autorisés restent étendus.

Pourquoi l’Espagne a choisi une voie plus permissive

L’Espagne n’a pas engagé de démarche nationale visant spécifiquement à interdire ou à réduire l’usage du glyphosate au-delà des exigences européennes. Plusieurs facteurs expliquent cette position : le poids de l’agriculture conventionnelle dans l’économie espagnole (l’Espagne est le premier pays agricole de l’UE par la surface cultivée), la prévalence des grandes exploitations en semis direct dans les régions céréalières (Castille, Aragon), et une tradition politique de résistance aux restrictions phytosanitaires jugées défavorables à la compétitivité.

Le secteur agricole espagnol, représenté notamment par les organisations ASAJA et COAG, a systématiquement plaidé pour le maintien du glyphosate, en faisant valoir l’absence d’alternatives aussi efficaces et économiquement viables à grande échelle.

Les impacts sur la compétitivité agricole et les échanges franco-espagnols

La divergence réglementaire entre voisins européens soulève un enjeu de distorsion de concurrence au sein du marché unique. Des producteurs de fruits et légumes français dénoncent régulièrement le fait que leurs homologues espagnols peuvent utiliser des produits phytosanitaires — dont le glyphosate à certaines doses — dans des conditions que la réglementation française interdit ou décourage fortement. Ces différences, légalement possibles en droit européen, fragilisent l’harmonisation du marché agricole et alimentent les débats sur le principe de réciprocité dans les échanges intra-UE.

CritèreFranceEspagne
Usages agricoles professionnelsAutorisés avec restrictions croissantesLargement autorisés (cadre UE appliqué)
Usages non professionnels (jardin)Interdits depuis 2019 (loi Labbé)Très encadrés ; produits amateurs seulement
Espaces publics urbainsInterdits depuis 2017Interdits ou restreints selon les collectivités
Objectif national de réductionPlan Écophyto 2030 (–50 % HRI1)PAN / PNAUE (réduction globale, sans cible glyphosate)
Pression politique sur le glyphosateForte (débats parlementaires récurrents)Faible (filières agricoles favorables au maintien)

Impacts environnementaux et sanitaires documentés

Effets sur la biodiversité et les sols

Au-delà de la question cancérogène, les recherches publiées entre 2023 et 2026 documentent des effets préoccupants sur les écosystèmes. Le glyphosate affecte les pollinisateurs : plusieurs études ont montré une perturbation du sens de l’orientation chez les abeilles exposées à des doses sublétales, ainsi qu’une modification du microbiote intestinal des colonies, les rendant plus vulnérables aux pathogènes. Ces effets indirects sont particulièrement documentés dans les zones de grande culture intensive, comme celles que l’on trouve en Estrémadure ou en Castille.

Concernant les sols, le glyphosate et son principal métabolite, l’AMPA (acide aminométhylphosphonique), perturbent le microbiote du sol — l’ensemble des micro-organismes responsables du cycle des nutriments et de la fertilité. Des études européennes récentes signalent une réduction de la diversité fongique et bactérienne après applications répétées, avec des effets potentiellement cumulatifs sur la structure et la vie des sols agricoles.

Résidus dans l’eau et l’alimentation

Le glyphosate et l’AMPA sont régulièrement détectés dans les eaux souterraines et superficielles des pays grands utilisateurs. Les autorités espagnoles, via les plans de surveillance de la qualité des eaux, enregistrent des dépassements ponctuels des seuils réglementaires pour les eaux destinées à la consommation humaine (0,1 µg/L par substance pour les pesticides, directive eaux potables). Dans l’alimentation, les limites maximales de résidus (LMR) fixées par le règlement (CE) n° 396/2005 encadrent les teneurs admissibles dans les denrées végétales. L’EFSA surveille régulièrement les LMR et publie des rapports annuels sur les résidus de pesticides dans les aliments, qui montrent que les dépassements concernant le glyphosate restent rares mais non nuls dans certains produits d’importation.

La question du perturbateur endocrinien reste ouverte : l’ECHA n’a pas retenu cette classification dans son évaluation de 2022, mais plusieurs publications scientifiques (notamment dans la revue Environmental Health Perspectives) suggèrent des effets sur le système hormonal à des niveaux d’exposition environnementale. Le règlement d’exécution 2023/2660 impose des études complémentaires sur ce point aux fabricants, dont les résultats alimenteront la prochaine évaluation avant 2033.

Ce que disent les études récentes (2023-2026)

La méta-analyse publiée en 2024 dans Science of the Total Environment synthétise plus de 150 études sur la toxicité environnementale du glyphosate et conclut à des risques réels pour les organismes non cibles (vers de terre, amphibiens, poissons d’eau douce) à des concentrations proches de celles mesurées dans les milieux naturels agricoles. Ces données ont été prises en compte dans l’évaluation EFSA de 2023, qui a posé des conditions d’utilisation visant à protéger les eaux de surface et les organismes aquatiques, notamment par des distances de sécurité obligatoires par rapport aux cours d’eau.

Alternatives au glyphosate disponibles en Espagne et en France

Solutions mécaniques et thermiques de désherbage

Le désherbage mécanique regroupe plusieurs techniques complémentaires : le binage (travail superficiel du sol entre les rangs de culture), le faux semis (préparation d’un lit de germination pour faire lever les adventices avant de les détruire mécaniquement), le sarclage et le hersage. Ces méthodes, efficaces en grandes cultures et en maraîchage, nécessitent un matériel adapté et une fenêtre météorologique favorable. Elles sont moins adaptées aux cultures en pente (vignes, oliviers) où le travail du sol peut favoriser l’érosion — un enjeu particulièrement sensible dans les zones méditerranéennes espagnoles.

Le désherbage thermique (flamme, vapeur, eau chaude) est surtout pertinent en zones urbaines et pour les petites surfaces. Son coût énergétique constitue une limite à grande échelle.

Produits homologués comme alternatives

Parmi les substances actives homologuées comme alternatives au glyphosate en Europe, l’acide pélargonique (d’origine végétale, extrait du géranium) est l’une des plus étudiées. Il agit par contact et détruit la partie aérienne des plantes, sans action systémique. Son efficacité est moindre sur les vivaces à rhizomes et son coût à l’hectare est supérieur au glyphosate, ce qui limite son adoption en agriculture conventionnelle intensive. D’autres produits à base d’acide acétique concentré (vinaigre) ou d’huiles essentielles sont homologués dans certains États membres, mais tous présentent des limites d’efficacité ou d’impact environnemental qui empêchent une substitution universelle.

En Espagne, le Registro de Productos Fitosanitarios liste les alternatives homologuées par usage et par culture ; il est recommandé de le consulter directement pour obtenir une liste à jour, celle-ci évoluant régulièrement en fonction des nouvelles évaluations.

Transition agroécologique : vers quoi s’orienter ?

La véritable alternative au glyphosate n’est pas une simple substitution de molécule, mais une refonte des systèmes de production. L’agroécologie propose des rotations de cultures plus longues qui réduisent la pression des adventices, des couverts végétaux qui concurrencent les mauvaises herbes, et une gestion intégrée des ravageurs. En Espagne, plusieurs régions — notamment en Catalogne et en Navarre — ont développé des programmes d’accompagnement à la transition vers l’agriculture biologique, dont la surface a progressé de façon soutenue ces dernières années : l’Espagne est le premier pays européen en surface cultivée en bio (données Eurostat 2024).

Cette transition demande du temps, de la formation et des investissements que tous les agriculteurs ne peuvent pas assumer seuls. C’est pourquoi les politiques publiques — Pac, plans nationaux, aides à la conversion — jouent un rôle déterminant dans l’accélération ou le ralentissement de cette évolution.

Questions fréquentes sur le glyphosate en Espagne

Le glyphosate est-il encore autorisé en Espagne en 2026 ?

Oui. En 2026, le glyphosate est légalement autorisé en Espagne pour les usages agricoles professionnels, dans le cadre du règlement d’exécution (UE) 2023/2660 qui renouvelle l’approbation européenne jusqu’en 2033. Les produits doivent figurer au Registro de Productos Fitosanitarios du Ministerio de Agricultura pour être commercialisés et utilisés légalement. Les usages en zones urbaines et les usages non professionnels sont en revanche très encadrés ou interdits.

Peut-on acheter du Roundup en Espagne en tant que particulier ?

Les particuliers ne peuvent pas acheter en Espagne des produits phytosanitaires professionnels à base de glyphosate. Seuls des produits formulés à usage amateur — à concentration réduite et conditionnement limité — peuvent être vendus sans certification professionnelle. Le Roundup au sens des formulations agricoles concentrées est réservé aux utilisateurs disposant d’un carnet de phytosanitaire (certificado de nivel básico ou supérieur). La situation est comparable en France, où les ventes aux particuliers de produits phytosanitaires à usage professionnel sont interdites depuis 2019.

Quelle est la différence de réglementation sur le glyphosate entre la France et l’Espagne ?

Les deux pays appliquent le même cadre européen (règlement UE 2023/2660), mais avec des niveaux de restriction nationale différents. La France a interdit les usages non professionnels en 2019 (loi Labbé) et affiche des objectifs politiques de réduction via le plan Écophyto 2030. L’Espagne, sans cibler spécifiquement le glyphosate, maintient des autorisations larges pour les usages agricoles professionnels, sans engagement national de sortie de la molécule. Cette différence d’approche crée une asymétrie de compétitivité dénoncée par certaines filières agricoles françaises.

Jusqu’à quand le glyphosate est-il autorisé dans l’Union européenne ?

Le règlement d’exécution (UE) 2023/2660, adopté en décembre 2023, approuve le glyphosate comme substance active jusqu’au 15 décembre 2033. Une nouvelle évaluation complète devra être conduite avant cette date pour que la substance soit renouvelée ou retirée. Des études complémentaires sur les perturbateurs endocriniens et certains effets écotoxicologiques sont imposées aux fabricants dans ce délai.

Quelles sont les alternatives au glyphosate homologuées en Espagne ?

Parmi les alternatives disponibles, l’acide pélargonique (d’origine naturelle) et certaines formulations à base d’acide acétique concentré sont homologuées pour des usages spécifiques. Les solutions mécaniques (binage, faux semis, sarclage) constituent la principale alternative dans les systèmes agroécologiques. Pour obtenir la liste complète et à jour des produits alternatifs homologués par usage, il est indispensable de consulter directement le Registro de Productos Fitosanitarios du MAPA espagnol, la seule source faisant foi pour la légalité des produits sur le marché espagnol.

Le glyphosate est-il cancérogène selon les autorités sanitaires européennes ?

Non, selon l’EFSA et l’ECHA, dont les évaluations de 2022-2023 n’ont pas établi de lien cancérogène justifiant un retrait. En revanche, le CIRC (Centre international de recherche sur le cancer, OMS) a classé le glyphosate en groupe 2A — « probablement cancérogène pour l’homme » — depuis 2015, sur la base d’une méthodologie d’évaluation du danger qui diffère de celle utilisée par les agences européennes. Les deux positions sont scientifiquement défendables dans leurs cadres respectifs ; le débat demeure ouvert, en particulier sur les effets à long terme et à faibles doses.