Pourquoi les primes pour la pompe à chaleur ont-elles évolué depuis 2023 ?
Si vous avez recherché une « prime pompe à chaleur 2023 », vous avez probablement trouvé des montants et des règles qui ne correspondent plus à la réalité actuelle. Les dispositifs d’aide à la rénovation énergétique ont été profondément remaniés depuis cette date, et les conditions applicables en 2026 sont sensiblement différentes. Voici pourquoi.
Le cadre réglementaire : MaPrimeRénov’ et la réforme de 2024
MaPrimeRénov’ est le dispositif central de soutien à la rénovation énergétique, piloté par l’Agence nationale de l’habitat (ANAH). Créée en 2020 pour remplacer le crédit d’impôt pour la transition énergétique (CITE), cette prime a subi une refonte majeure au 1er janvier 2024.
La réforme de 2024 a introduit deux parcours distincts :
- Le parcours par geste : permet de financer des travaux isolés (dont l’installation d’une pompe à chaleur) sans obligation de rénovation globale. Il est accessible à tous les ménages, sous conditions de ressources.
- Le parcours décarbonation : dédié au remplacement d’une chaudière à énergie fossile (fioul, gaz) par un système de chauffage décarboné comme la PAC. Ce parcours bénéficie de bonifications supplémentaires.
Selon Service-Public.fr, MaPrimeRénov’ est accessible aux propriétaires occupants, aux propriétaires bailleurs et, sous certaines conditions, aux syndicats de copropriétaires.
Ce qui a changé entre 2023 et 2026
En 2023, MaPrimeRénov’ fonctionnait avec un système de forfaits par catégorie de travaux, sans distinction de parcours. Depuis 2024 et jusqu’en 2026, plusieurs évolutions notables sont intervenues :
- L’obligation de faire appel à un accompagnateur Rénov’ (MonAccompagnateurRénov’) pour les projets de rénovation d’ampleur.
- Le renforcement des critères de performance : les PAC doivent désormais respecter des seuils de SCOP (coefficient de performance saisonnier) plus stricts.
- Des plafonds de travaux éligibles révisés à la hausse pour les ménages très modestes.
- La fin progressive de la prime dite « à 1 euro » pour les pompes à chaleur (voir la section FAQ).
Mise à jour : cet article a été vérifié et actualisé en janvier 2026. Les montants indiqués sont ceux en vigueur à cette date ; ils peuvent évoluer en cours d’année. Vérifiez toujours votre situation personnelle sur Mon Espace Rénov’.
MaPrimeRénov’ pour une pompe à chaleur : montants selon vos revenus
Le montant de MaPrimeRénov’ dépend de deux facteurs principaux : votre profil de revenus (déterminé par les plafonds de ressources ANAH, indexés sur le revenu fiscal de référence) et le type de pompe à chaleur installée. Les ménages sont répartis en quatre catégories, identifiées par une couleur.
Tableau récapitulatif des montants par profil de ménage
Le tableau ci-dessous présente les montants indicatifs applicables en 2026 pour une PAC air/eau dans le cadre du parcours décarbonation (remplacement d’une chaudière fioul ou gaz). Ces montants sont exprimés en pourcentage du coût des travaux, dans la limite d’un plafond de dépenses éligibles fixé par arrêté.
| Profil (couleur) | Revenus du ménage (Île-de-France, 2 pers.) | Taux PAC air/eau | Taux PAC géothermique | Plafond de travaux éligibles |
|---|---|---|---|---|
| Très modestes (bleu) | ≤ 27 343 €/an | 65 % | 70 % | 15 000 € |
| Modestes (jaune) | ≤ 33 688 €/an | 50 % | 55 % | 15 000 € |
| Intermédiaires (violet) | ≤ 48 328 €/an | 40 % | 45 % | 15 000 € |
| Supérieurs (rose) | Au-delà | 20 % | 25 % | 15 000 € |
Source : plafonds de ressources ANAH 2026 (arrêté publié au Journal officiel, consultable sur Légifrance). Les seuils de revenus varient selon la composition du ménage et la zone géographique (Île-de-France ou province). Le tableau ci-dessus est donné à titre indicatif pour un ménage de 2 personnes en Île-de-France.
Ménages aux revenus très modestes (bleu)
Ce sont les ménages les plus aidés. Pour une PAC air/eau installée en remplacement d’une chaudière fioul, la prime peut atteindre 9 750 € (65 % × 15 000 €). Si le logement est une passoire thermique (classée F ou G), des bonifications supplémentaires peuvent s’appliquer dans le cadre d’une rénovation d’ampleur.
Ménages aux revenus modestes (jaune)
Le taux de 50 % permet d’obtenir jusqu’à 7 500 € pour une PAC air/eau. Ces ménages bénéficient également de la bonification liée au parcours décarbonation lorsqu’ils remplacent une chaudière à énergie fossile.
Ménages aux revenus intermédiaires (violet)
Avec un taux de 40 %, la prime peut atteindre 6 000 €. Depuis la réforme de 2024, ce profil est pleinement inclus dans le parcours décarbonation, ce qui représentait une amélioration sensible par rapport aux règles de 2023.
Ménages aux revenus supérieurs (rose)
Les ménages à revenus supérieurs sont éligibles depuis 2024, avec un taux de 20 % — soit une aide pouvant aller jusqu’à 3 000 €. En 2023, cette catégorie était exclue du dispositif pour les travaux de chauffage isolés. Leur inclusion dans le parcours décarbonation constitue l’une des nouveautés majeures de la réforme.
La prime CEE (Certificats d’Économies d’Énergie) pour une PAC
Comment fonctionne la prime CEE ?
Les Certificats d’Économies d’Énergie (CEE) constituent le deuxième grand dispositif d’aide à l’installation d’une pompe à chaleur. Son fonctionnement est différent de MaPrimeRénov’ : ce sont les fournisseurs d’énergie (EDF, TotalEnergies, Engie, etc.) — appelés les « obligés » — qui sont tenus par la loi de financer des économies d’énergie chez leurs clients ou chez des tiers.
Concrètement, un obligé vous verse une prime énergie en échange de la réalisation de travaux éligibles. Le montant n’est pas fixé réglementairement : il varie selon les offres des fournisseurs, les volumes négociés et les périodes de l’année. Vous pouvez comparer les offres via des plateformes comme Hellio, Effy ou directement auprès des fournisseurs. La page France Rénov’ sur les CEE en donne une présentation officielle.
Prime Coup de pouce Chauffage : est-elle encore disponible en 2026 ?
Le dispositif « Coup de pouce Chauffage » est une bonification des CEE spécifiquement dédiée au remplacement d’une chaudière fioul ou charbon par un système plus vertueux (dont la PAC). Il a été prolongé plusieurs fois depuis son lancement en 2019.
En 2026, le Coup de pouce Chauffage reste actif pour le remplacement de chaudières au fioul et au charbon. En revanche, la bonification pour le remplacement des chaudières à gaz a été réduite ou supprimée selon les périodes — vérifiez l’état exact du dispositif auprès de votre fournisseur d’énergie au moment de votre projet.
Exemples de montants selon les fournisseurs d’énergie
À titre indicatif, les primes CEE constatées début 2026 pour une PAC air/eau en remplacement d’une chaudière fioul se situent généralement entre 1 500 € et 4 000 € selon le fournisseur, le profil de revenus et la localisation. Ces montants sont susceptibles d’évoluer rapidement en fonction des négociations entre obligés et les pouvoirs publics.
Bon à savoir : la prime CEE est cumulable avec MaPrimeRénov’. C’est même la combinaison recommandée pour réduire au maximum votre reste à charge.
Quelles pompes à chaleur sont éligibles aux primes ?
PAC air/eau : conditions et montants
La PAC air/eau (aérothermique) est le modèle le plus répandu dans les rénovations. Elle puise les calories dans l’air extérieur pour chauffer un circuit d’eau alimentant des radiateurs ou un plancher chauffant. Elle est pleinement éligible à MaPrimeRénov’ et aux CEE, sous réserve que l’installation soit réalisée par un professionnel titulaire du label RGE (Reconnu Garant de l’Environnement) et que la PAC respecte un SCOP minimum (généralement ≥ 3,4 pour les appareils à haute température).
PAC air/air : est-elle éligible à MaPrimeRénov’ ?
La réponse est claire : la PAC air/air n’est pas éligible à MaPrimeRénov’ car elle ne produit pas d’eau chaude sanitaire et n’est pas considérée comme un système de chauffage central au sens du dispositif. Elle peut, dans certains cas, bénéficier d’une prime CEE modeste, mais les montants sont sans commune mesure avec ceux d’une PAC air/eau. Si vous envisagez une PAC air/air, anticipez cette limite budgétaire.
PAC géothermique (eau/eau et sol/eau)
Les PAC géothermiques (eau/eau ou sol/eau) sont parmi les équipements les mieux subventionnés. Leur efficacité énergétique élevée — avec des SCOP souvent supérieurs à 4 — justifie des taux de prise en charge supérieurs à ceux de la PAC air/eau (jusqu’à 70 % pour les ménages très modestes, selon le tableau ci-dessus). Leur coût d’installation plus élevé (entre 15 000 € et 30 000 €) est en partie compensé par ces taux bonifiés.
Chauffe-eau thermodynamique
Le chauffe-eau thermodynamique est une PAC dédiée à la production d’eau chaude sanitaire. Il est éligible à MaPrimeRénov’ avec un montant forfaitaire (et non un pourcentage du coût des travaux), généralement compris entre 400 € et 1 200 € selon le profil de revenus. Les CEE s’appliquent également. Ce dispositif est souvent sous-valorisé dans les plans de rénovation, alors qu’il représente un excellent rapport efficacité/coût.
Conditions d’éligibilité : qui peut obtenir la prime ?
Être propriétaire occupant ou bailleur
MaPrimeRénov’ est accessible aux propriétaires occupants (vous vivez dans le logement) et aux propriétaires bailleurs (vous louez le logement). Les locataires ne peuvent pas en bénéficier directement, sauf si le propriétaire effectue les travaux.
Pour les propriétaires bailleurs, des conditions supplémentaires s’appliquent : le logement doit être mis en location pendant au moins 6 ans après les travaux, et des plafonds de loyers peuvent être imposés dans certains cas.
Logement de plus de 2 ans
Le logement doit avoir été achevé depuis plus de 2 ans à la date de début des travaux. Les constructions neuves ou récentes ne sont donc pas éligibles. Il doit s’agir de la résidence principale du demandeur (ou du locataire pour un propriétaire bailleur), occupée au moins 8 mois par an.
Faire appel à un professionnel RGE
C’est une condition sine qua non : les travaux doivent être réalisés par une entreprise titulaire du label RGE (Reconnu Garant de l’Environnement). Ce label garantit la compétence de l’artisan en matière de rénovation énergétique. Vous pouvez vérifier le statut RGE d’une entreprise sur le site France Rénov’.
Attention : un professionnel qui démarcherait à domicile en se présentant comme « partenaire officiel » des aides de l’État n’est pas nécessairement RGE. Vérifiez toujours l’accréditation en ligne.
Cas particulier : les propriétaires bailleurs
Depuis la réforme de 2024, les propriétaires bailleurs accèdent à MaPrimeRénov’ dans des conditions élargies. Le montant de la prime est calculé sur la base des revenus du ménage propriétaire (et non du locataire). Un plafond spécifique au nombre de logements détenus s’applique : un même propriétaire bailleur peut bénéficier de la prime pour plusieurs logements, dans la limite de 3 logements par an.
Cumuler les aides : comment maximiser votre financement ?
MaPrimeRénov’ + CEE : le cumul de référence
Le cumul de MaPrimeRénov’ et de la prime CEE est non seulement autorisé, mais vivement recommandé. C’est la combinaison standard utilisée par les ménages qui souhaitent minimiser leur reste à charge. Exemple concret :
- Coût total de l’installation d’une PAC air/eau : 12 000 €
- MaPrimeRénov’ (ménage modeste, 50 %) : 6 000 €
- Prime CEE Coup de pouce (remplacement chaudière fioul) : 2 500 €
- Reste à charge : 3 500 € (avant TVA réduite et éco-PTZ)
TVA à taux réduit de 5,5 %
L’installation d’une pompe à chaleur dans un logement de plus de 2 ans bénéficie d’un taux de TVA à 5,5 % (au lieu de 20 %), applicable à la fois sur la main-d’œuvre et sur les équipements fournis et installés par le professionnel. Cette réduction représente une économie significative : sur 12 000 € HT, elle permet d’économiser environ 1 740 € par rapport au taux normal.
Éco-prêt à taux zéro (éco-PTZ)
L’éco-PTZ est un prêt sans intérêt accordé par les banques conventionnées avec l’État pour financer des travaux de rénovation énergétique, dont l’installation d’une PAC. En 2026, il peut atteindre 50 000 € pour une rénovation globale et 30 000 € pour des travaux par geste. Il est cumulable avec MaPrimeRénov’ et les CEE, sans condition de revenus. Il peut être souscrit auprès de la plupart des grandes banques.
Aides locales et régionales
De nombreuses collectivités territoriales proposent des aides complémentaires : certaines régions (comme l’Île-de-France avec le dispositif Île-de-France Énergies), des départements ou des communes accordent des subventions supplémentaires. Action Logement propose également des aides pour les salariés du secteur privé. Ces aides varient fortement selon votre lieu de résidence et ne sont pas garanties partout — renseignez-vous auprès de votre mairie, de votre conseil régional ou d’un conseiller France Rénov’.
Comment faire la demande de prime pour une pompe à chaleur ?
Démarches sur le site Mon Espace Rénov’
Pour MaPrimeRénov’, toutes les démarches s’effectuent en ligne sur Mon Espace Rénov’ (monespacerenov.gouv.fr), le portail officiel géré par l’ANAH. Vous y créez un compte, renseignez votre situation et déposez votre dossier de demande. Un simulateur intégré vous permet d’estimer le montant de votre aide avant de vous engager.
Passer par un opérateur CEE : démarche simplifiée
Pour la prime CEE, vous pouvez passer directement par un fournisseur d’énergie (EDF, TotalEnergies, Engie…) ou par un opérateur spécialisé (Hellio, Effy, etc.). Ces intermédiaires centralisent souvent les démarches MaPrimeRénov’ et CEE pour simplifier vos démarches. Comparez plusieurs offres avant de vous engager : les montants peuvent varier significativement d’un opérateur à l’autre.
Ordre des étapes à respecter impérativement
C’est le point le plus critique — et celui que beaucoup de ménages ignorent au moment coûteux :
- Simuler et déposer votre demande sur Mon Espace Rénov’ avant de signer quoi que ce soit avec un artisan.
- Obtenir au moins un devis d’un professionnel RGE et le joindre à votre dossier.
- Pour les projets de rénovation d’ampleur, mandater un accompagnateur Rénov’ (MonAccompagnateurRénov’) — obligatoire au-delà d’un certain seuil de travaux.
- Recevoir l’accusé de réception de votre dossier de la part de l’ANAH.
- Faire réaliser les travaux par votre professionnel RGE.
- Transmettre les justificatifs (factures, attestations) pour déclencher le versement de la prime.
Attention : si vous faites réaliser les travaux avant d’avoir déposé votre dossier de demande, celui-ci sera irrecevable et vous perdrez définitivement le bénéfice de MaPrimeRénov’. Ne commencez jamais les travaux avant d’avoir obtenu l’accord de principe de l’ANAH.
Questions fréquentes sur les primes pompe à chaleur
Quelle est la subvention maximale pour une PAC en 2026 ?
En cumulant MaPrimeRénov’ (jusqu’à 70 % du coût pour un ménage très modeste avec une PAC géothermique, dans la limite de 15 000 € de travaux éligibles, soit 10 500 €), la prime CEE Coup de pouce (jusqu’à 4 000 € selon les offres) et la TVA à 5,5 %, il est possible de couvrir la grande majorité du coût d’installation pour les ménages les plus modestes. Le reste à charge peut théoriquement être proche de zéro pour ce profil, à condition de sélectionner les bons dispositifs et de respecter scrupuleusement les conditions d’éligibilité.
La prime pompe à chaleur à 1 € existe-t-elle encore ?
Non. La « pompe à chaleur à 1 euro » n’existe pas en tant que dispositif officiel. Ce terme a été utilisé — de manière abusive — par des démarcheurs peu scrupuleux pour appâter des particuliers, en leur faisant croire que l’État finançait intégralement l’installation contre une participation symbolique. La DGCCRF a mis en garde contre ces pratiques, qui se sont multipliées entre 2020 et 2023. Méfiez-vous de toute offre « à 1 euro » pour une pompe à chaleur : elle dissimule généralement des travaux surfacturés, un matériel de mauvaise qualité ou des conditions contractuelles défavorables. Passez uniquement par des canaux officiels (Mon Espace Rénov’, France Rénov’).
Peut-on cumuler MaPrimeRénov’ et la prime CEE d’EDF ou TotalEnergies ?
Oui, le cumul est autorisé et même encouragé. Vous pouvez percevoir MaPrimeRénov’ de l’ANAH et, simultanément, une prime CEE d’un opérateur comme EDF ou TotalEnergies pour les mêmes travaux. La seule limite est que la somme de toutes les aides publiques ne peut pas dépasser le coût réel des travaux (principe de non-dépassement du 100 % de financement public). Dans la pratique, ce plafond est rarement atteint, y compris pour les ménages très modestes.



